AVH Mâcon: Napoléon s' est arrêté à Mâcon

09 Novembre 2015

Napoléon 1er s'est arrêté à Mâcon !

Dans le paysage urbain de Mâcon, plusieurs lieux témoignent du passage de Napoléon en 1815 à son retour de l’île d’Elbe. Connaissez-vous  ces ouvrages ?  

Pour en savoir plus, le 23 octobre dernier, Monsieur Frank Metrot, archiviste de la ville de Mâcon, a accepté de nous parler de cette période. Ce fut une découverte pour beaucoup de Mâconnais.

Le 13 mars 1815, à son retour d’exil, nous sommes dans la période dite des « cent jours », Napoléon fait étape à Mâcon, Il réside à l’hôtel « le Sauvage » . De ce passage à Mâcon Les traces de sa générosité sont encore visibles aujourd’hui.

Souvenons nous...

En 1799, Napoléon a 30 ans, II rêve de construire une « Europe française ». Le Directoire organise un coup d’Etat. Le général Joubert, un habitant de Pont de Vaux, est pressenti pour être élu consul, mais il décède le 15 août en Italie. Napoléon est donc élu 1er consul.

En 1802, il est nommé consul à vie, Il devient empereur en 1804.

1808, 1809, 1812 : ce sont les campagnes d’Espagne, d’Autriche et de Pologne, En 1814, Napoléon est chassé et contraint d’abdiquer. On lui demande de partir sur l’île d’Elbe tout en conservant son titre de roi.

Louis XVIII est de retour d'exil. Les Bourbons refusent de donner à Napoléon une rente qui lui permettra de vivre. Il est obligé de se séparer des soldats qui le protègent alors qu’il est menacé par plusieurs complots.

Le 26 février 1815, il quitte l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan le 1er mars 1815.

A cette date, Mâcon est une ville moyenne de 10 500 habitants, une ville devenue préfecture en 1800, déjà chef-lieu en 1790. On y fait du négoce : vins, produits agricoles de Bresse. C’est une ville bourgeoise modérée, peu de révolutionnaires. Lors de l’occupation autrichienne en 1814, la ville a capitulé sans combattre et Napoléon en veut aux Mâconnais.

Napoléon veut revenir à Paris pour retrouver son trône en évitant les villes de la vallée du Rhône qui sont royalistes. Il traverse donc Grasse, Gap, Grenoble, Lyon, et se rend compte qu’il est resté populaire, Alors qu’il doit être arrêté par les royalistes à Grenoble, il s’avance seul face aux soldats qui finalement se rallient à sa cause. Le 10 mars il est à Lyon, et le 15 vers 19 h/20 h . il arrive à Mâcon.

Les autorités lui proposent de l’héberger à la Préfecture. Il refuse et loge à l’hôtel du Sauvage. Il reçoit la Garde Nationale et leur dit : « vous auriez dû vous comporter comme les Chalonnais » !

Il passe ensuite par Tournus, Chalon, Autun puis Auxerre où il retrouve le général Ney et le Général Gamot qui se rallient à lui.

Le 17 mars, il remonte à Fontainebleau, Le 20 mars, avec le Maréchal Ney il retrouve ses troupes aux Tuileries.

Dès son retour les alliés vont réagir et la guerre sera inévitable.

Il pratique une épuration dans l’administration, Le préfet de Saône et Loire sera limogé,

En avril 1815, Napoléon nomme Francoul, ministre, puis son frère Joseph, roi d’Espagne.

Le successeur du maire de Mâcon est nommé le 14 mars. Le 7 mai, le maire Jean-Adrien Bigonnet  ancien élu républicain qui avait apostrophé Bonaparte, est élu député et Carnot ministre de l’Intérieur. Napoléon a la volonté d’avoir des hommes sûrs, sur lesquels il puisse compter pour préparer la guerre. Il faut définir les conditions d’un équilibre européen et du partage des pouvoirs.

La France est ramenée aux frontières d’avant la Révolution, on crée des états en renversant les vainqueurs. On fait appel aux volontaires pour se rallier aux puissances alliées. Les Français en ont assez des guerres, les anciens soldats veulent reprendre du service, mais on se heurte à un problème de recrutement : 200 000 hommes en France (200 hommes à Mâcon mobilisés en 1815) pour 1 000 000 de soldats alliés. La Garde Nationale est réorganisée.

 

A Mâcon...

A partir de mai 1815, on organise la défense du pont de St- Laurent, Les autorités ont des soucis pour organiser la défense de Mâcon. Les Mâconnais sont à bout et souffrent. Le régime impérial risque de ne pas durer. Les alliés se mettent en ordre de bataille. Napoléon veut frapper le premier et envahit la Belgique.

Ligny, sera une victoire française en demi-teinte sur les Prussiens et les Anglais. Mais Blücher et les Prussiens se tournent vers Wellington. Napoléon confiant, croyant avoir gagné une bataille à Waterloo annonce sa victoire à Mont St-Jean, mais les Prussiens arrivent.... Le 18 juin 1815, Napoléon n’a plus aucun crédit auprès des soldats. Il abdique le 22 juin et se rend aux Anglais à Sainte Hélène.

Le 5 mai 1821 Louis XVIII revient sur le trône de France. Tous les serviteurs ralliés à Napoléon sont destitués, les royalistes reprennent la main.

Pour l’honneur, la ville de Mâcon sera la dernière à résister. Elle accueille les troupes ennemies autrichiennes début juillet. Le 10 juillet, la bataille est inévitable, les autrichiens attaquent par le Pont de St-Laurent et au nord par un passage à gué situé dans le prolongement du square de la Paix. Mâcon capitule et connaît six mois d’occupation pénible. Les autorités sont destituées, dont Jean-Adrien Bigonnet qui retourne à Paris où il décédera du choléra.

 

Pendant le règne de Napoléon (15 ans)

Mâcon sera Préfecture, lieu de pouvoir des autorités départementales.

En 1815, Tournus, Chalon et St-Jean de Losne (21) reçoivent la légion d’honneur,

La cathédrale St-Vincent est construite d’après les plans des architectes Guy de Gisors et de'Alexandre-Théodore Brongniart, en lieu et place de l’ancienne église St-Pierre, vers le square de la Paix, face à l’Hôtel-Dieu. On peut y voir le tableau classé du Christ en croix peint par David qui aurait été offert par Napoléon,

Au niveau de l’actuelle esplanade Lamartine, les remparts et les bastions démolis en 1794 permettent l’aménagement : d’une route longeant les quais et le port fluvial situé entre pont de St-Laurent et l’hôtel-de-ville, pour la création d’une place publique : la place de la Paix, puis des bords de Saône : le cours Napoléon.

Odile , bénévole AVH MACON